04 septembre 2010

Souvenirs de cours de Russe (2) - l'effet Koulechov

russie

Deuxième chapitre des souvenirs de cours de Russe, et en l'occurrence aussi de cours d'option cinéma. Obligée de monter un dossier sur un sujet de mon choix pour l'oral de l'option cinéma au bac, j'avais décidé de rassembler mes deux options en une, en proposant un dossier sur l'Art d'état dans la Russie des années 20, et donc l'utilisation du cinéma naissant dans ce cadre.

L'occasion donc de découvrir une intéressante expérience réalisée en 1922 par Lev Koulechov, cinéaste, qui pose les bases de l'art du montage au cinéma par la même occasion. De quoi s'agit-t-il en substance?

Koulechov prouve qu'une image donné de se lit pas seule, mais en fonction de celles qui l'entourent. Celles qui la précèdent, mais aussi, celles qui la suivent. Et que donc, le message porté ou supposé porté par une image change en fonction du contexte. Dit comme ça, de nos jours, ça n'a l'air de rien, mais en 1922, dans le cadre du cinéma muet, la découverte de ce phénomène qui porte depuis lors le nom d'effet Koulechov avait une importance énorme. Importance artistique au niveau du montage, importance politique aussi, puisqu'il prouve qu'en manipulant très simplement les images, on peut également modifier le sens du message que l'on veut faire passer.

L'expérience: Koulechov a simplement choisi un plan fixe, non expressif, sans intention particulière de l'acteur Mosjoukine, trois fois exactement le même plan, associé d'abord à une assiette pleine, puis a un cadavre dans un cercueil, et en dernier lieu une femme allongée sur un canapé.

Après avoir présenté les 3 séquences à 3 groupes de spectateurs cobayes, il leur a simplement demandé de définir quelle était l'intention du jeu de l'acteur. A quoi le premier groupe a répondu: la faim, le deuxième: la tristesse, et le troisième: la séduction.

Or bien évidemment,  il s'agit d'auto-suggestion, inférée par l'autre image accompagnant la séquence, puisque justement , il s'agissait à chaque fois du même plan fixe. Ce qui ouvre des perspectives alors inexplorées, en narration  cinématographique, en psychologie cognitive, en manipulation d'images ( hélas!) et aussi en marketing ( principe de base des images subliminales)

ici, pour les curieux, les 3 séquences bout à bout, bien sûr l'effet est moins évident sur une personne qui les voit consécutivement que sur des groupes séparés. Il n'empêche que l'expérience a eu une importance retentissante. Toujours pas convaincus? Vous laisserez vous mieux convaincre par Alfred Hitchcock?

( désolée pour les non polyglottes, la vidéo est en anglais sous-titré espagnol, impossible de le trouver sous-titré français, la description de l'effet Koulechov est proposé par le maître Hitch vers la fin de l'extrait)

Posté par purple velvet à 21:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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